samedi 9 mai 2026
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🎙 Podcast : La Fondation du Bocage, l’ƒuvre de Camille hier et aujourd’hui. Avec Michel Dantin et Xavier de Roissart

Crédit photo : Fondation du Bocage

Découvrez Camille Costa de Beauregard, sa vie, son oeuvre, son héritage, une création originale par Mordus 2 Savoie en partenariat avec la Fondation du Bocage.

Dans ce deuxiĂšme Ă©pisode (sur une sĂ©rie de 4), Michel Dantin et Xavier de Roissart, respectivement prĂ©sident et directeur de la Fondation du Bocage, nous racontent l’origine et le futur de l’Ă©tablissement chambĂ©rien fondĂ© par Camille Costa de Beauregard.

Réalisé et animé par Damien Boussicut
Montage : Damien Boussicut

Enregistrement du podcast avec Michel Dantin, Xavier de Roissart et Damien Boussicut (Mordus 2 Savoie) Crédit : Vanessa Colombier

Damien Boussicut (MORDUS 2 SAVOIE) : Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Michel Dantin : Je suis le président de la Fondation du Bocage

Xavier de Roissart : Je suis le directeur général.

Damien Boussicut (MORDUS 2 SAVOIE) : Aujourd’hui, on va parler de la Fondation du Bocage qui a Ă©tĂ© créée par Camille Costa de Beauregard. Est-ce que vous pouvez revenir sur la genĂšse de ce lieu ?

Michel Dantin : le comte de Boigne en 1868 a mis à disposition une maison, l’ancienne douane pour que Camille s’installe avec les orphelins.

C’est ce qu’il fait dĂšs 1868, il accueille progressivement des jeunes dont les parents ont Ă©tĂ© victimes de la cholĂ©ra.

 Et puis rapidement se pose la question de leur devenir professionnel, donc vers 1872, il va acheter Ă  la ville un terrain de l’autre cĂŽtĂ© de la rue qui passe devant le Bocage pour crĂ©er un jardin.

Car Camille, soucieux de donner une bonne Ă©ducation aux jeunes, voulait aussi les installer dans un milieu de confiance. Et plutĂŽt que de les livrer Ă  la difficile vie d’ouvrier d’usine Ă  la fin du 19Ăšme siĂšcle, il se dit que s’il forme de bons jardiniers et qu’il les place dans des familles qu’il connait dans des grandes propriĂ©tĂ©s, alors il leur assurerait un bel avenir.

L’histoire veut que les deux structures de chaque cĂŽtĂ© de la rue ont Ă©voluĂ© au fil du temps. DĂ©sormais, au 339 rue Costa de Beauregard de ChambĂ©ry, il y a la maison d’enfants Ă  caractĂšre sociale qui accueille environ 150 enfants placĂ©s par les services sociaux. Et puis de l’autre cĂŽtĂ© de la rue, au 340, le jardin est devenu petit Ă  petit un centre horticole et puis aujourd’hui un lycĂ©e professionnel qui forme Ă  la fois aux mĂ©tiers de l’horticulture, du paysage mais Ă©galement aux mĂ©tiers des services Ă  la personne et des services en milieu rural.

Crédit photo : Fondation du Bocage

Damien Boussicut (MORDUS 2 SAVOIE) : Que reprĂ©sente exactement le Bocage aujourd’hui ?

XR : Aujourd’hui nous accueillons un peu plus de 400 jeunes sur le lycĂ©e, l’internat et la maison d’enfants. Nous accompagnons Ă©galement des jeunes majeurs dans leur insertion.

Damien Boussicut (MORDUS 2 SAVOIE) : Quel est l’organisation de la fondation du Bocage ?

MD : La Fondation du Bocage est reconnue d’utilitĂ© publique depuis 1981. Elle est gĂ©rĂ©e par un conseil d’administration de 14 personnes.

Parmi les membres du CA, il y a 2 reprĂ©sentants de la congrĂ©gation des SalĂ©siens de Don Bosco puisque Camille Costa de Beauregard avait transmis comme consigne Ă  son neveu Ernest, qu’aprĂšs celui-ci, se soit les SalĂ©siens de Don Bosco qui prennent le relais Ă  la tĂȘte de la Fondation du Bocage.

Nous avons également Monsieur le Préfet de la Savoie ou son représentant.

Damien Boussicut (MORDUS 2 SAVOIE) : La Fondation du Bocage est un hĂ©ritage de Camille Costa de Beauregard, quels sont les traits que vous conservez de cet hĂ©ritage encore aujourd’hui ?

XR : Nous sommes redevables de l’AbbĂ© Costa de Beauregard, que l’on appelle quotidiennement Camille dans la maison (le Bocage, ndlr), nous sommes hĂ©ritiers de ses valeurs.

Ces valeurs, on pourrait les résumer autour de la confiance et de la douceur qui sont les deux modes opératoires dans notre style éducatif.

Il s’agit de la bientraitance, ce qui va au-delà de la bienveillance.

Notre monde d’aujourd’hui nĂ©cessite de l’exigence, pour “armer” nos jeunes pour s’insĂ©rer dans la sociĂ©tĂ© de nos jours.

Toutes ces valeurs, pour lesquels notre communautĂ© Ă©ducative est trĂšs attachĂ©e, c’est vraiment l’hĂ©ritage que Camille avait transmis au SalĂ©siens notamment autour de Don Bosco.

MD : Don Bosco disant d’ailleurs “nos maisons doivent ĂȘtre des lieux oĂč l’on apprend, une cour oĂč l’on s’amuse et une paroisse oĂč l’on Ă©vangĂ©lise et une maison oĂč l’on apprend Ă  vivre ensemble.”.

Je crois que si Camille voulait une transition vers les SalĂ©siens, c’est qu’il se reconnaissait dans ces valeurs et ce qu’il voulait mettre en Ɠuvre au Bocage.

Cette volontĂ© d’éducation globale, que partageait Camille et les SalĂ©siens, aujourd’hui en l’actualisant Ă  la lecture du 19Ăšme siĂšcle de la mettre en Ɠuvre encore maintenant.

Damien Boussicut (MORDUS 2 SAVOIE) : La Fondation du Bocage est nĂ©e, un peu, sur un drame, puisque c’était lors de l’épidĂ©mie de cholĂ©ra. Est-ce que vous essayez de leur inculquer cette histoire aux jeunes d’aujourd’hui ici ? Est-ce qu’il y a un sentiment d’appartenance plus fort qu’ailleurs par rapport Ă  cette histoire du Bocage ?

XR : Nous sommes trĂšs trĂšs attachĂ©s Ă  faire vivre notre patrimoine humain et l’hĂ©ritage que nous avons de Camille et de Don Bosco.

Cette hĂ©ritage, il n’est pas d’emblĂ©e une Ă©vidence. Pour cela, on s’appuie beaucoup sur l’association “Les amis de Camille Costa de Beauregard”, puisque c’est eux qui ont portĂ© la rumination de la vie de Camille ces derniĂšres annĂ©es et c’est aussi un peu eux qui nous ont offert cette relecture (de la vie de CCDB, ndlr) dans les lieux de la maison.

Ils nous aident Ă  nous rĂ©approprier cet hĂ©ritage qui n’avait pas disparu en fait.

La bande dessinĂ©e, une Ă©tape importante, qui est prĂ©vue pour raconter l’histoire, je pense que cela fait partie des outils qui vont ĂȘtre utiles pour permettre Ă  nos jeunes de s’approprier la vie de Camille.

MD : Les familles dĂ©cident de mettre leurs enfants au Bocage, pour le projet qui est prĂ©parĂ© par l’équipe pĂ©dagogique, pour les installations qui sont mises Ă  disposition.

Nous accueillons aussi des jeunes qui n’ont eu aucun rapport Ă  la religion. Et je crois que les Ă©vĂ©nements de cette annĂ©e (la bĂ©atification de CCDB, ndlr) amĂšneront certains d’entre eux Ă  se poser des questions.

L’exemplaritĂ© de l’action de Camille au 19Ăšme siĂšcle doit ĂȘtre resituĂ© dans le contexte du 19Ăšme, il ne s’agit pas de vouloir reproduire aujourd’hui, ce qui l’était hier, avec des valeurs, des schĂ©mas, qui Ă©taient diffĂ©rents.

Les jeunes d’aujourd’hui sont aussi intĂ©ressĂ©s par une recherche spirituelle. 

Nous avons à cƓur de respecter les valeurs de chacun.

Damien Boussicut (MORDUS 2 SAVOIE) : Donc, vous n’ĂȘtes pas plus exigeants avec les jeunes ici, du fait que l’établissement ait une histoire particuliĂšre ?

MD : Non, il n’y a pas plus d’exigence, en revanche je pense que les jeunes qui vont ĂȘtre passĂ©s durant cette pĂ©riode au Bocage auront des souvenirs particuliers parce qu’ils participent Ă  l’écriture d’une page d’histoire dont ils se rendront compte de la dimension plus tard.

XR : Et on le ressent par nos anciens qui nous rendent visite, ils nous manifestent Ă  quel point cet attachement (au Bocage, ndlr) est rĂ©el mais ils ne l’ont pas perçu de façon explicite lorsqu’ils Ă©taient ici.

Damien Boussicut (MORDUS 2 SAVOIE) : Quels sont les projets du Bocage Ă  court et moyen terme ?

MD : Une maison qui n’a pas de projet, est une maison qui ne vit pas.

Donc nous avons forcĂ©ment des projets, que ce soit Ă  la Maison d’enfants, oĂč il s’agit de rĂ©pondre aux Ă©volutions sociĂ©tales. CĂŽtĂ© lycĂ©e, la loi d’orientation agricole nous appelle Ă  un sursaut, un regain de crĂ©ativitĂ© en matiĂšre pĂ©dagogique pour rĂ©pondre aux dĂ©fis qui sont devant nous, l’écocitoyennetĂ©, d’une alimentation de qualitĂ©. Les jeunes qui vont sortir du Bocage dans les annĂ©es Ă  venir devront ĂȘtre capables de s’adapter et rĂ©pondre aux exigences nouvelles de la sociĂ©tĂ©.

XR : Ce sont bien aux jeunes d’aujourd’hui que nous nous adressons et pas ceux d’hier, donc notre organisation est toujours en dynamique pour pouvoir vraiment rĂ©pondre aux demandes des jeunes d’aujourd’hui.

Ces besoins, au-delĂ  des choses concrĂštes qui, tant sur le plan professionnel, que sur le plan du savoir ĂȘtre, sont des rĂ©ponses qui permettent de vraiment s’insĂ©rer dans la sociĂ©tĂ©.

C’est une constante dans cette maison, cela me paraĂźt ĂȘtre extrĂȘmement important de souligner combien l’équipe Ă©ducative est engagĂ©e sur cette question lĂ . Vraiment rĂ©pondre aux besoins de nos jeunes pour pouvoir les porter vers le haut avec de la confiance, de la bienveillance et de l’exigence.

MD : Qui dit projet, dit besoin d’investissement. La bĂ©atification nous amĂšne Ă  repenser nos installations pour permettre de vĂ©nĂ©rer les reliques, nous avons lancĂ© un appel aux dons pour financer l’essentiel des travaux, qui concernent la chapelle oĂč le corps de Camille Costa de Beauregard pourra ĂȘtre vĂ©nĂ©rĂ© par les pĂšlerins de passage Ă  ChambĂ©ry.

Crédit photo : Damien Boussicut (Mordus 2 Savoie)

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